Généalogie et histoire des meuniers
 
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 Historique des moulins

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MessageSujet: Historique des moulins   Mer 2 Avr - 15:12

Ecrits de Mademoiselle Paule Roy , membre résidant des Antiquaires de Picardie, qui effectua deux études sue les moulins, en 1967 et 1973 sur les moulins a vent et à eaux.

( sources des archives deparetementales de la Somme serie W )
LES MOULINS À VENT :

L’origine des moulins à vent remplaçant l’antique meule à bras est très lointaine puisque les premiers d’entre eux furent construits en France à l’époque des Croisades.
… Pour capter au mieux le vent et obtenir le meilleur rendement possible, le moulin à vent est construit, chaque fois que c’est possible au sommet d’une butte, d’une colline ou en haut d’une côte. …

Deux constructions très différentes s’offrent à nous : celle en matériaux durs et celle en bois.
Le moulin en dur : brique ou pierre (qui n’est en fait que de la craie) est de forme circulaire
(Frucourt, Fontaine). Il peut être d’une seule venue, en tronc de cône, mais plus habituellement il décroche légèrement à chaque
étage
(Frucourt, Fontaine). Le toit couvert en ardoises, formant la pointe du cône, se déplace sur une jante en bois de
pommier réputé pour sa solidité.
Les toits de nos deux moulins ne sont pas couverts d’ardoises, à Frucourt ce sont des
tuiles plates et à Fontaine des écailles de bois.
Les moulins en bois se divisent en deux catégories
Ils peuvent être de forme polygonale et, comme pour le moulin de brique ou pierre, c’est la toiture seule qui
tourne au gré des vents
(moulin Bouly à base octogonale à Citernes)

Mais c’est plus souvent un moulin sur pivot, dit sur pioche (les autres moulins de notre étude dont nous avons des descriptions sont de ce type) On y accède par une échelle de bois. …

Le moulin classique avait trois étages : le mécanisme au dernier étage, les meules trois en général, au second étage, la bluterie et le magasin au premier.

Les ailes, vraisemblablement jusqu’à la fin du 18
ème siècle étaient entoilées ; une amélioration sensible fut ensuite apportée par le système dit volée parisienne….

Une seule difficulté : la meule. Il ne se trouve pas dans notre contrée, de pierre assez dure pour fabriquer cettepièce essentielle.
En principe les meuniers les faisaient venir des environs de Paris ; elle était fabriquée à la Fertésous- Jouarre et déposée ensuite à Pont-Sainte-Maxence où, de là, elle voyageait par eau.

… Malgré sa solidité, la meule finissait par se creuser ; on faisait alors appel au rhabilleur de meules. Parfois le meunier exerçait aussi ce métier…

Il y a deux périodes bien distinctes dans l’histoire de la construction des moulins : avant et après la révolution de 1789.

Sous l’Ancien Régime, le seigneur du village possède un moulin auquel tous les habitants doivent apporter leur grain :
c’est le moulin banal. Il n’y a donc pas de raison de multiplier leur nombre…

Mais après la Révolution, la banalité disparaît avec les autres privilèges seigneuriaux et par contre-coup, le privilège du meunier, qui jusqu’en 1789, n’avait pas à lutter contre la concurrence….
Comment le meunier prenait-il livraison du grain ?
Jusqu’à la révolution, pas de problème. Le fermier montait au moulin et apportait son grain sur place.
Après la révolution, nombre de meuniers avaient conservé cette habitude ; mais les nouveaux, qui devaient se faire une clientèle allaient prendre le grain à domicile.
Il y avait aussi les cache-manées, sorte de rabatteurs qui se faisaient un devoir d’apporter le plus de grain
possible au meunier qui les employait. La concurrence était sévère et les cas de rixes étaient très courants …
Même après la Révolution, le moulin n’était pas toujours la propriété du meunier ; les contrats de baux étaient très divers….

Dans certains villages, j’ai recueilli des listes de noms de meuniers s ‘étendant parfois jusqu’à cinq générations.

On dit beaucoup de mal des meuniers… Il y en avait certainement de très honnêtes, mais de ceux-là on n’a pas gardé le souvenir…

Ils étaient bien fragiles, ces moulins, particulièrement les légères constructions de bois virant sans cesse au gré des vents…
La foudre non plus, ne les épargnait pas…. La main des hommes a été bien souvent plus dévastatrice que les éléments eux-mêmes ;
c’est ainsi que de nombreux moulins qui avaient subsisté jusqu’au début du 20
ème siècle

ont payé leur tribut aux deux dernières guerres…
Il y a enfin une cause de ruine plus grave pour nos moulins mais qui ne cesse de donner du regret, c’est l’avènement de la vapeur puis de l’électricité.
Le moulin à vent, de par sa constitution, était capricieux puisqu’il dépendait de l’intensité du vent et que, par calme plat, il ne pouvait remplir son rôle.
L’avènement de la meunerie industrielle l’a détrôné puis condamné
définitivement.

Certains meuniers, dont il était le seul gagne-pain se sont d’abord résolus à ne plus faire que de la mouture destinée aux bestiaux, d’autres faisaient de l’huile…
Et pourtant, tout cela n’était qu’un pis-aller et quand le meunier mourait, les grandes ailes s’arrêtaient comme si elles ne pouvaient survivre à celui qui en avait été l’âme.

Les toiles se sont pourries, les charpentes se sont disjointes ; il y a beau-temps que les meules n’écrasaient plus le beau blé de notre Santerre ou de notre Ponthieu ;
Son tic-tac, comme un coeur las avait cessé de battre. On ne
l’entendrait plus jamais dans nos campagnes.

LES MOULINS À EAUX :

Après avoir présenté les moulins à vent du pays de Somme, il m’est apparu que les moulins à eaux, très différents mais aussi utiles, sinon plus, méritaient également une étude…

L’origine des moulins à eaux est nettement plus ancienne que celle des moulins à vent…. MA de Franqueville a
trouvé trace des premiers moulins à eau dans le Nord de la France dès le 8
ème siècle…
La construction a la forme d’une maisonnette ou d’une véritable maison bâtie en bordure d’un cours d’eau au
courant assez vif. Cette bâtisse renferme tout le mécanisme du moulin, sensiblement semblable à celui du moulin à vent.
La roue est placée à l’extérieur, parallèlement au courant et meut l’arbre horizontal de la machinerie…
Dans le cas le plus courant, pour actionner cette roue, le constructeur commence par installer en amont du moulin, un barrage formant retenue d’eau pour obtenir une chute plus rapide. À hauteur de la roue, un muret, parallèle aux rives, resserre le cours de la rivière. Entre le muret et la berge, est construite une écluse où sont pratiqués des pertuis, ouvertures fermées par une vanne ou rostière, plus ou moins soulevée suivant la force du courant dont il est nécessaire de disposer.

L’ensemble se nomme la ventellerie. Parfois, est spécialement aménagé un bras de rivière ou canal, appelé également bief et aussi étier ou coursier, qui peut être barré par le procédé ci-dessus, une fosse, dite bouldure, est ensuite creusée sous les roues, pour leur permettre de se mouvoir librement…

Lorsque le moulin était construit dans un endroit très bas, le meunier créait une chaussée de moulins pour y accéder ; cette chaussée permettait d’élever le niveau de l’eau.

Sur les rivières où les moulins étaient nombreux, l’ensemble de ces chaussées ou radiers finissait par créer de vastes marais et il fallait parfois exiger la suppression de certains moulins pour libérer une partie du courant et faire rentrer la rivière dans son lit.

Comme les ailes pour le moulin à vent, c’est ici la roue qui donne la plus ou moins grande quantité de grainmoulu.
Elle est formée, en fait, de deux roues parallèles en bois ou, plus récemment, en métal, reliées en leur centre par
l’essieu qui fait tourner l’arbre horizontal, et à leur périphérie par des palettes ou aubes qui l’entraînent grâce au courant…

La plupart des moulins ruraux actionnaient un nombre restreint de meules et, en principe, jamais plus de trois paires…
Dans le moulin à eau, c’est la roue qui peut le plus facilement se détériorer, car elle est exposée aux déprédations des eaux.

Qu’une violente crue se produise, les eaux sauvages s’engouffrant dans le bief, risquent d’emporter avec elles la roue ou, à tout le moins, de la disjoindre. Le gel aussi lui pouvait être fatal et la débâcle du
printemps…

De nos jours, la production de la houille verte n’est pas abandonnée, mais le moulin s’est profondément modifié quand il était assez important pour mériter une reconversion. Il est alors devenu le moulin hydraulique…

Certains moulins furent également pourvus d’une turbine pour remplacer la force hydraulique quand le niveau des eaux était trop bas…

Sous l’Ancien Régime, les problèmes concernant les droits et devoirs des propriétaires et des locataires de moulins à eau sont encore plus complexes que pour les moulins à vent.
En effet, outre le problème de l’entretien des parties meubles et immeubles et les droits de mouture, communs aux deux sortes d’édifice, on trouve pour les moulins à eau d’autres nombreux problèmes :
entretien de la rivière, de la chaussée de moulin, droit de pêcherie interdiction d’édifier des édifices en amont…

Lorsqu’un particulier désirait élever un moulin et que cette autorisation lui était accordée, il devait une redevance à l’autorité locale.
Lorsque le moulin était loué à bail, le bailleur devait en général les grosses réparations pour tout ce qui était immeuble et le locataire, les réparations pour tout ce qui était meuble…
Les baux variaient notablement suivant les régions, les coutumes locales et l’importance de rendement du moulin.
Outre des sommes d’argent et certaines quantités de grain ou de farine, se trouvent par exemple des rentes en anguilles, en chapons, en
gâteaux, etc…

Les querelles, les procès étaient nombreux, résultats des rivalités entre meuniers lorsqu’il y avait plusieurs moulins dans la même commune, lorsque les paysans omettaient de porter leur grain au moulin du seigneur, lorsqu’il se plaignaient à leur seigneur parce que le meunier agissait malhonnêtement, lorsqu’un moulin s’élevait en aval du premier, ou encore lorsque, pour réparer le sien, le meunier en amont, retenait les eaux.
Il reste maints témoignages de ces chicanes.

Gerard Martel
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